Nous avons vu la conférence sur l’« Ethique antispéciste et politique végane »

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Comment convaincre un omnivore à devenir végétarien ou végan ? Jérôme Ravenet, professeur agrégé de philosophie et l’association Végétarienne de France se lancent.

Avec des chiffres qui font froid dans le dos, M. Ravenet tend immédiatement l’atmosphère : « 60 Milliards d’animaux terrestres et 1000 Milliards d’animaux aquatiques ont été exterminés » et des scientifiques le confirment : « nous sommes dans l’ère de la 6e extinction et 30 % des espèces animales ont aujourd’hui disparues ». Il faut agir et vite, mais encourager un amateur de viande à renoncer à son petit plaisir gustatif c’est tout de même une tâche hardie.
Deux arguments majeurs ressortent : celui d’abord de l’anti-spécisme puis celui du sentiment de l’empathie.

Comme le disait Lamartine : « On n’a pas deux cœurs, un pour les humains, un pour les animaux. On a un cœur on n’en a pas ».
Dans l’ordre des choses, nous hiérarchisons le degré d’importance des êtres vivants ainsi : les humains, les animaux domestiques puis les animaux d’élevage.
Mais sommes-nous réellement distinguable des animaux ? Et pourquoi un chat ne devrait-il pas avoir la même considération qu’un cochon d’élevage ? Un point commun que l’on pourrait partager avec nos compagnons, serait celui de la capacité à ressentir de la souffrance.
Les spécistes s’acharnent à juger les animaux comme de simples objets. Tel est le cas lors d’expositions artistiques mettant en scène des animaux mourant (cela existe réellement, hélàs). Fort heureusement, en octobre 2014, le Parlement a su daigné changer le statut des animaux passant de « biens meubles », à « êtres vivants doués de sensibilité ». « Un petit pas pour les animaux, mais un grand pas pour l’humanité ».
Célébrons par ailleurs l’apparition d’une nouvelle discipline, celle de l’éthologie qui permet d’analyser les comportements animaux en prenant en compte les humains.

Paradoxalement nous ne sommes pas des animaux, alors nous sommes capables d’élever notre niveau de conscience afin de ressentir de l’empathie.
M. Ravenet formule un propos peut-être blessant pour certains : « nous sommes omnivores pas par manque de raison mais par manque d’imagination ». Ressentir de l’empathie c’est donc imaginer et se mettre dans la peau de nos bêtes afin de parvenir à ressentir leur souffrance.
Et ne nous déshumanisons pas nous-même en faisant du mal à autrui ? En faisant cela nous dérogeons à la célèbre règle d’or évoquée tant dans le monde occidental qu’oriental : « Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse ».
Afin de nous aider à atteindre ce niveau de conscience, M. Ravenet propose de regarder les vidéos horrifiques des abattoirs d’Alès véhiculées par le courant abolitionniste des végétariens et végans.

Mais être végétarien ou végan ce n’est pas seulement ressentir de l’empathie pour les animaux et Jérôme Ravenet nous emmène encore plus loin. Déjà, ne plus manger de viande ou de produits d’origine animale peut être bénéfique pour la santé et il existe des alternatives à la viande (Laura nous en fera d’ailleurs découvrir). Etre végétarien c’est aussi contribuer au bien de son prochain. «La production de la viande sollicite 60 % des ressources céréalières et quand on sait qu’un enfant meurt de faim toutes les 6 secondes, cela soulève un problème moral ». Etre végétarien c’est aussi positif pour le bilan écologique : 1 kg de viande représente 15 000 litres d’eau ! Enfin, être végétarien permet de lutter contre le spécisme, que M. Ravenet et le reste des intervenants comparent quand même au racisme et au sexisme.

Le végétarisme et le véganisme rencontrent cependant encore et toujours une multitude d’obstacles. Un conflit interne entre les welfaristes et les abolutionistes décrédibilise les discours. Le premier est accusé de défendre les animaux seulement par compromissions, et le deuxième d’avoir des tendances trop extrémistes.
Un conflit se fait également à l’externe avec les partis politiques ne s’adressant qu’à un électorat omnivore. Les végétariens et les végans ont du mal à faire entendre leurs voix et leur cause est abandonnée à des partis marginaux écologistes voir extrémistes.

Qu’aurions-nous rajouté lors de cette conférence ?

● Une nuance entre les élevages raisonnés et industriels
● Une nuance entre les différentes sociétés, les habitudes alimentaires étant différentes et les besoins n’étant pas les mêmes
● Une discussion sur les poissons, crustacés ou insectes dont le sort émeut moins que les autres animaux
● Une critique sur la culture du soja, alternative à la viande et désastre écologique
… Et vous ?

                    Emma

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