La déconnexion au service d’une prise de conscience écologique

Le 03 février 2017,

pexels-photo-177658Il y a déjà quelques semaines de cela, je suis tombée sur un article du Huffington post* « 10 choses qu’on ne fait plus (ou moins) depuis l’avènement des écrans ». J’ai bien évidemment trouvé cet article extrêmement intéressant, et comme tout article qui traite de rapport des hommes à la dimension matérielle de notre société, je l’ai aussi trouvé dérangeant. Pas dérangeant dans le sens où il m’a mise mal à l’aise (quoi que ?) mais dérangeant dans le sens où je me suis sentie coupable. Ces « 10 choses que l’on ne fait plus depuis l’avènement des écrans » je suis la première à ne plus les faire. Je ne les fais plus mais je regrette de ne plus les faire (allez comprendre), quoi que dans certains cas je m’en tire plutôt bien. Etudions-ça de plus près :

1) On ne lit plus dans certains endroits

       Premier constat de la journaliste, on ne lit plus dans certains endroits. Osez me dire que ce n’est pas vrai. J’adore lire, j’aime vraiment ça, pourtant quand je prends les transports en commun, c’est sur mon téléphone que j’ai les yeux rivés, pas sur un livre. Quand j’attends quelqu’un, ou juste avant le début d’un cours, entre midi et deux, (etc) c’est encore et toujours sur mon téléphone que je suis.  La journaliste va même jusqu’à constater que nous ne lisons plus aux toilettes. Nos grands-parents sont les derniers à avoir encore des portes-magasines dans leurs WC, nous, générations connectées, nous avons nos téléphones. Combien de messages avons-nous écris ou reçus depuis des toilettes ?

2) On ne se perd plus

       Le deuxième point est pour moi le plus évocateur. Grâce à nos écrans nous ne nous perdons plus. Grâce ? Non, je dirais plutôt à cause. Se perdre avant faisait partie intégrante du voyage. Les meilleurs souvenirs de voyage, en tout cas les miens, sont construits sur des moments où je me suis perdues avec ma famille, ou mes amis (ou les deux) et où nous avons finis par atterrir dans des endroits complétement inattendus. C’est cet inattendu-là très exactement que nos écrans nous empêchent d’atteindre aujourd’hui. Avec un téléphone, avec un GPS ou une tablette, il n’y a presque plus de place pour l’inattendu ou l’imprévu. Et je trouve ça particulièrement dommage.

3) On ne regarde plus autour de soi

       On ne regarde plus que ses écrans. A qui n’est-ce jamais arrivé de passer à côté de quelqu’un que l’on connaît, ou même de s’assoir à côté de quelqu’un que l’on connaît sans même s’en rendre compte parce qu’on a chacun le nez fixé sur notre téléphone ? Regarder autour de soi suppose aussi de faire attention aux autres. Et aujourd’hui il est malheureux de constater que les gens ne se parle plus quand ils ne se connaissent pas ou qu’ils n’ont pas une bonne raison de le faire.

4) On ne connaît plus l’ennui

      J’ai lu un (autre) excellent article il y a quelque temps (dont j’ai complétement oublié la provenance) qui traitait de l’importance de l’ennui pour une personne. Oui, vous m’avez bien comprise, parfois il est utile de s’ennuyer. C’est quand on s’ennuie que l’on commence à s’intéresser à certaines choses c’est surtout quand on s’ennuie que l’on prend enfin le temps de réfléchir, sur soi, sur les autres, sur un peu tout.

Seulement voilà aujourd’hui l’ennuie n’est plus que considéré comme quelque chose de négatif. Trop souvent on fait des amalgames entre l’ennui et la paresse. La paresse c’est ne rien faire alors que l’on a beaucoup de choses à faire (comme quand vous attendez le dernier jour pour réviser votre examen), l’ennui c’est mettre à profit un moment où l’on a rien à faire pour, et bien justement pour ne rien faire, tout simplement. Ne pas être dans l’action mais être dans la réflexion.

5) On ne se souvient plus des numéros de téléphone

       Alors oui, là vous allez me dire que ce n’est qu’un détail et vous aurez probablement raison. Mais je trouve ça encore une fois dommage. A force de vouloir toujours plus que les technologies nous facilitent la vie, on finit par ne plus rien faire du tout.

6) On ne se parle plus

       J’ai l’impression que nos discussions sont devenus à l’image des messages que l’on envoie sur les réseaux sociaux, passé un certain nombre de caractère ce que l’on dit devient trop long et trop pénible à écouter. Il faut faire court, il faut faire concis et surtout ne pas faire trop compliqué. Ce qui laisse un choix très limité des choses sur lesquelles on peut s’exprimer. Les gens n’osent plus se parler, n’osent plus aborder des sujets un peu plus personnels, ou décalés, parce que l’on a peur d’ennuyer les autres. La tendance est à l’économie de l’attention.

7) On n’a plus de vraies discussions

       Ne plus avoir de vraies discussions et ne plus se parler ce n’est pas exactement la même chose. Ne plus avoir de vraies discussions ça signifie que l’on n’arrive plus (du moins la plupart d’entre nous) n’arrive plus à se passer de leurs téléphones quand bien même ils sont en famille ou entre amis. La sollicitation permanente de nos téléphones est vécue comme une véritable pression à laquelle on finit inévitablement par céder. Évidemment ça nous arrive à tous de ne pas répondre immédiatement à un message mais je ne sais pas pour vous moi en général je me fais invariablement engueuler si je ne réponds pas à un message dans les 20 minutes (surtout par ma mère à vrai dire).

Il est parfois utile de rappeler que nous ne sommes dépendants de ces nouvelles technologies qu’à partir du moment où nous décidons de l’être. Si vous n’arrivez vraiment pas à lâcher vos écrans plus de 5 minutes, posez-vous cette question : qui de l’écran ou de moi est soumis à la volonté de l’autre ? Qui de nous deux est l’objet et qui est l’utilisateur ? Ça vous aidera probablement à éteindre votre télé ou à balancer votre téléphone dans les toilettes pour prendre un magazine.

8) On ne lit plus

       Alors oui, là aussi je vous vois venir : bien sûr que si on lit encore, seulement les supports ne sont plus les mêmes.  Ok, je suis d’accord, simplement de toutes les personnes accrochées à leurs écrans qui vous disent être en train de lire, combien d’entre elles sont réellement en train de lire un livre ou un journal ? Lire un message, une publication twitter ou facebook, ou lire un article de presse people, ce n’est pas lire au sens où je l’entends ici.

9) On ne reste plus dans l’ignorance

       Et c’est une mauvaise chose de ne plus rester dans l’ignorance ? Oui, dans le sens où rester dans l’ignorance c’est aussi ne pas tout considérer comme acquis. C’est développer ses propres outils pour comprendre, et aller chercher la réponse au fond de nous-même plutôt que sur un écran ou chez quelque d’autre. Etre ignorant de certaines choses c’est aussi une façon de développer sa créativité et de cultiver sa modestie.

10) On ne fait plus d’albums photo (ni de DVD souvenirs)

       Cette partie-là, je dois bien vous l’avouez, m’a rendu un peu triste. Nostalgie, quand tu nous tiens, …. Je me suis souvenue de tous les albums de photos de familles que j’avais quand j’étais petite. J’adorais les regarder. Entre nous mes parents devaient nous prendre en photos, mes frères et moi, environ 10 fois par jour. Et quand je dis « prendre en photo » j’entends bien sûr avec un appareil photo pour après faire développer les photos.

Aujourd’hui on a beaucoup plus de photos, certes, mais elles sont pratiquement toutes au format numérique. Ça n’est pas la même chose, pas pour moi. Entre regarder la galerie d’un téléphone où sont stockées toutes les photos et regarder un album papier il y a pour moi une grande différence. S’assoir en famille dans le salon autour d’un téléphone ou d’une télé sur laquelle sont projetées les photos, c’est quand même beaucoup moi conviviale que s’assoir ensemble et faire passer l’album photos de genoux en genoux.

L’album en lui-même à une valeur sentimentale, une tâche de chocolat par-là, une déchirure par ici, une odeur familière, le téléphone n’a rien de tout ça. Les photos en elles-mêmes, qu’elles soient stockées sur le téléphone ou dans un album n’ont pas les mêmes significations. Une photo dans un téléphone est moins évocatrice et moins porteuse de nostalgie qu’une photo papier. De la photo papier on se souvient l’avoir manipulées plusieurs fois, avoir inscrit des dates et des noms au dos, on se souvient des cadres dans lesquels on l’a déplacé, on la regarde vieillir et jaunir au fil du temps. Alors qu’il est inutile d’attendre qu’une photo numérique jaunisse (sauf si on ajoute un filtre, bien évidemment).

Pour quelle conclusion ?

       Les écrans constituent donc un obstacle entre nous et la réalité. C’est pour cela qu’il me semblait intéressant d’aborder cette question ici. Pour se rendre compte de l’état de la planète, le mieux est encore de la regarder par ses propres yeux. Je pense qu’il est important de retrouver ces démarches-là, voir par ses propres yeux, apprendre de nous-même, plutôt que lire des documents sur le réchauffement climatique et s’entendre dire à droite et à gauche ce qu’il faut en faire et en penser. Je prône ici un retour aux sources, se déconnecter c’est avant tout reconnaître que toutes ces machines ne sont pas indispensables, et que la réalité se trouve là où elle a toujours été, dans la nature, tout autour de nous.

Morgane

lien de l’article : http://www.huffingtonpost.fr/2013/10/16/choses-quon-ne-fait-plus ecrans_ n_4064233.html

Crédit photo : https://www.pexels.com/photo/woman-sitting-on-mountain-rock-golden-hour-photography-177658/

 

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5 commentaires sur “La déconnexion au service d’une prise de conscience écologique

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  1. Bonjour mademoiselle,
    Un article très intéressant qui soulève une question fondamentale sur la place de la technologie dans la vie de l’homme. Cependant sa subjectivité me permet d’en discutter sans être un spécialiste. En effet votre article liste les points néfastes d’une vie connectée mais pour chacun d’eux (justifié) j’y vois un point positif.
    Vous dites qu’un téléphone nous éloigne de toute lecture, ce qui est vrai pour des romans mais pas pour l’actualité qui se lit maintenant en ligne et non plus dans un journal. Cela reste donc de la lecture. De plus, en ce qui concerne les voyages, il est vrai que la découverte pas hasard s’est perdue, mais au profit d’une connaisance plus vaste de la ville/région/pays dans lequel nous voyageons. A chacun de mes voyages, j’ai la capacité de découvrir des lieux jusqu’alors cachè, des restaurants fantastiques mais très peu connu,… tout cela grâce à ma connectivité ! Le point soulevé concernant les photos ainsi que les relations sociales sont vraies, mais je suis en désaccord concernant l’ignorance. Internet est un outil fabuleux permettant d’étendre les connaissances à des personnes jusque là incapables d’y accéder. Ainsi, il est désormais possible de suivre des lectures d’Harvard en ligne alors qu’avant, cela était réservé à une élite.
    Enfin, n’oublions pas que chaque avancée technologique permet à l’Homme d’améliorer son quotidien. Les nouvelles circules plus vites, tout comme les populations via de nouveaux moyens de transports. Cela permet une ouverture sur le monde jusqu’alors impossible et nous met en contact de culture/façon de penser différentes. Je suis donc convaincu que les dérives liées aux nouvelles technologies ne sont dues qu’à notre comportement vis-à-vis de ce qui reste des outils du quotidien.

    J'aime

    1. Bonjour Jonathan,
      Avant tout merci pour ton message car il apporte un point de vue nouveau certes différent du mien mais non moins vrai. D’autant qu’il reflète globalement beaucoup mieux l’opinion générale que mon point de vue à moi.
      Évidemment il ne s’agit pas ici de rejeter toutes formes pures de technologies. Mon interrogation (je pense que tu l’as compris) porte plutôt sur le rapport des hommes à ces technologies. Certes elles nous facilitent le quotidien, elles nous permettent d’accéder à plus d’informations et de connaissances, elles nous permettent de rester en contact avec des personnes éloignées quand bien même nous sommes à un bout à l’autre de la Terre.
      Cependant ce que je reproche à ces technologies c’est, de par leur nouveautés et la promesse de facilité qu’elles nous font, de dissimuler (du moins pour ceux que ça n’intéresse pas de savoir) les points négatifs qui bien souvent vont de pair avec les points positifs.
      Alors certes on a accès via nos téléphones, via notre ordinateur à plus de connaissances, plus d’informations. Mais que vaut cette connaissance ? Que valent ces informations ? Ne trouve-tu pas que cette surcharge d’information induite par les écrans conduit à malheureusement réduire notre esprit critique et brouiller les frontières entre des informations utiles, importantes et pertinentes et d’autres beaucoup plus futiles et distractives ?
      Certes ces technologies nous permettent de rester en contact avec des personnes éloignées. Mais ce lien qui nous unit n’est-il pas lui aussi à moitié feint ? N’as-tu pas l’impression parfois qu’il devient presque plus naturel de parler avec quelqu’un par message que de vive voix ? N’as-tu pas peur que la norme s’inverse et que les rapports humains deviennent plus évidents à travers le biais de technologie que sans ? J’exagère volontairement bien sûr mais j’essaie de te faire comprendre mon ressenti.
      Certes ces technologies nous facilitent le quotidien, poussent au développement et à l’évolution de l’Homme, mais à force de nous pousser vers le haut ne finit-on pas par s’éloigner un peu trop de la Terre ? Je trouve qu’il y a malheureusement une forme d’incompatibilité entre technologie et nature.
      Mais je comprends ta position, la mienne peut clairement être qualifiée de conservatrice. Peut être le futur de l’Homme est-il de se détacher définitivement de sa condition naturelle pour aspirer à un développement et une évolution inégalée jusque là. Simplement je trouve cela dommage. A trop vouloir bien faire, on oublie que parfois il faut savoir se contenter de ce que l’on a déjà. Et je ne pense pas qu’à terme ce détachement de la Nature nous conduise à quelque chose de bon.
      Encore une fois je le répète ma position est volontairement exagérée. Et je respecte, mieux encore je comprends tout à fait la tienne.
      Tu l’as dit toi-même, me fournissant par la même ma conclusion à cette bien trop longue réponse, « les dérives liées aux nouvelles technologies ne sont dues qu’à notre comportement vis-à-vis (d’elles »). Ce qui compte c’est d’être conscient du rapport que l’on a avec ces technologies et de toujours garder un regard distancié et critique vis à vis de nos habitudes. Je n’écris pas pour que les gens pensent comme moi, j’écris pour qu’à leur tour ils remettent en question leurs habitudes pour arriver à LEURS propres conclusions. C’est le plus important et d’une certaine manière je crois y être arrivée avec toi.
      Continues à réagir, je te répondrais avec plaisir quand j’aurai un peu reposé mes mains.
      Morgane.

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