La finance (presque) verte !

À l’occasion du OnePlannetSummit, vaste sommet réunissant chefs d’Etats et grands patrons à Paris autour du thème de l’environnement et du climat, l’association altermondialiste pour la taxation des transactions financières (Attac) a sorti un rapport concernant la finance verte. Mais en fait c’est quoi la finance verte ? Y a-t-il des limites à celle-ci ? L’Aurore Verte va essayer de vous décrypter ce rapport.

C’est quoi la finance verte ?

Selon la définition du ministère de la transition écologique et solidaire, la finance verte c’est “un emprunt émis sur le marché par une entreprise ou une entité publique auprès d’investisseurs pour lui permettre de financer ses projets contribuant à la transition écologique et le développement d’infrastructures”.

En d’autres termes, les obligations vertes fonctionnent sur le même principe que les obligations classiques : une entreprise, une collectivité, un état emprunte auprès de différents investisseurs. Ces dernières doivent ensuite rembourser le prêt avec un taux d’intérêt défini. L’argent emprunté est supposé financer des activités climato-compatibles de l’emprunteur.

Mais quel est le but de la démarche ?

Afin d’assurer la transition énergétique, les financements nécessaires sont estimés à 2 à 5% du PIB mondial, ce qui représente des sommes colossales. Pour parvenir à cet objectif, cela implique un transfert des investissements dans les énergies fossiles vers les énergies renouvelables et les activités dîtes climato-compatibles comme par exemple les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la gestion durable des déchets et de l’eau, l’exploitation durable des terres, ou encore le transport propre. L’objectif global est de réorienter un des secteurs les plus importants du système économique : la finance.

Qui peut émettre ces obligations ?

Aujourd’hui toutes entreprises, états, collectivités ou institutions financières peuvent émettre ce genre d’obligation pour attirer les investisseurs. Par exemple, en 2017, 15 milliards d’euros d’obligations vertes ont été émis par des entités « françaises » : l’Etat, la SNCF, Engie ou  l’Agence française de développement (AFD). A l’échelle mondiale, la moitié des émissions de ces obligations proviennent du secteur public, 30% des entreprises et 20% des institutions financières, selon l’association Climate Bonds.

Véritable outil au service de la transition ou simple Greenwashing ?

Bien que l’initiative qui vise à réorienter les investissements soit très intéressante, cependant l’application demeure quelque peu opaque et critiquable.

En effet, la finance verte peut parfois être assimilée à du « greenwashing ». Elle est aujourd’hui un formidable levier pour de nombreuses entreprises car elle permet d’attirer de nouveaux investisseurs qui n’auraient pas forcément placés leur argent sur certaines entreprises.

Le problème qui se pose est que les obligations vertes ne sont pas contraignantes. En d’autres termes, une entreprise qui émet des obligations vertes n’est pas obligée d’investir l’argent reçu dans des activités climato-compatibles. Par exemple, Engie, en 2014 s’est félicité de battre tous les records en termes d’émission d’obligations vertes avec 2,5 milliards d’euros. Cependant, après enquête, Engie aurait utilisé cette obligation verte pour « financer les grands barrages  qu’elle construit en Amazonie (Jirau, bassin du rio Tapajós, etc.) et qui sont vraiment discutables sur le plan de leur impact écologique. Déforestation, non-respect des droits humains, désastres environnementaux en aval et en amont (inondations, assèchement de rivières, etc.), les conséquences de ces grands barrages sont dramatiques pour les populations et les écosystèmes locaux ». De la même manière, la notion de climato-compatible demeure très subjective. A titre d’exemple les obligations émises par le Mexique. Le pays a émis 2 milliards d’euros en vue de financer le nouvel aéroport de Mexico neutre en carbone. Si la neutralité carbone est intéressante, le choix de financer un aéroport demeure quant à lui fortement discutable quand nous savons que l’avion est le moyen de transport le plus polluant.

Le marché des obligations vertes est donc parfois utilisé uniquement pour améliorer son image, sans de réels actes concrets.

Pour en savoir plus sur le sujet n’hésitez pas à vous plonger dans le formidable rapport de l’association Attac.

Simon

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