Le plan Loup 2018-2023

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Tenez aujourd’hui je me sens d’humeur rieuse, j’ai envie de commencer cet article par une blague ! Quoi ? Mais quel est le rapport ? Mais si il y a un rapport, en effet c’est une blague sur les loups !!!

Dans un restaurant :
– Monsieur, pourquoi bougez-vous toujours votre pied ?
– C’est pour empêcher les loups de s’approcher de moi.
– Mais il n’y a pas de loups ici !!!!
– Vous voyez, ça marche !!!!

Bien maintenant que j’ai toute votre attention (ou que je l’ai définitivement perdu…) commençons à parler du véritable sujet qui vous a mené jusqu’ici.

Vous avez dit Canis Lupus ?

Canis lupus : tu connais ? Et bien si comme moi tu as fait deux années de latin au collège pour pouvoir partir en voyage scolaire en Italie tu auras compris que ces mots désignent l’animal plus communément appelé : le loup.  

Mammifère carnassier appartenant à la famille des canidés, l’identité même du loup se fonde sur l’appartenance à sa meute. Elle compte le plus souvent entre sept et douze loups. Les loups ont un régime alimentaire carnivore. Selon la région où ils se trouvent l’espèce se nourrit de cervidés, volailles, renardeaux, marcassins, reptiles, charognes… Capables d’avaler plus de 4,5 kg de viande d’un coup, les loups peuvent rester plus d’une semaine sans nourriture.

Le loup ajuste ses effectifs aux ressources disponibles et ne provoque jamais la disparition de ses proies (on pourrait en dire différemment de l’Homme n’est pas ?).

Il ne s’agit pas ici de faire une description complète de l’espèce mais si cela vous intéresse je vous invite à vous rendre sur le site de l’ASPAS qui fournit de très bon guide pour découvrir la bête ! (Voir lien en fin d’article).

Longtemps grand porté disparu des territoires français après avoir été persécuté pendant des années, le loup est réapparu de lui-même dans les années 90 aux alentours du parc national du Mercantour.

A l’issue de l’hiver 2016-2017, la population de loups en France est estimée à 360 individus (source : ONCFS). Par comparaison, il y a 2000 loups en Espagne et 1000-1500 en Italie. Ce chiffre est relativement stable, la dynamique de reproduction des nouveaux groupes étant quasi inexistante (source : ONCFS).

Plusieurs expertises menées par l’association FERUS (Association nationale de protection et de conservation de l’ours du loup et lynx en France) démontrent de plus une extinction progressive de la population. Un bon point pour mettre un terme aux tirs de loup me direz-vous ? Et bien pas pour tout le monde apparemment.     

 

La polémique du Loup en France                                                                              

La polémique autour de la présence du Loup en France et de savoir si oui ou non il faut l’abattre et dans quelles mesures ne date pas d’hier, loin de là.

Empreint d’un imaginaire mystique et diabolique depuis la nuit des temps, le loup s’est progressivement frayé une place de choix au cœur des peurs collectives des humains. Longtemps utilisé comme symbole de la nature cruelle et sauvage (parce que oui voyez-vous il existe une nature non cruelle et non sauvage, c’est plutôt logique non ?) le loup fait malheureusement l’objet depuis des siècles d’une construction d’image très négative (l’aboutissement de ces peurs étant l’image anthropomorphique du loup-garou) souvent très éloignée de la réalité. Là où dans la réalité le loup est plutôt un animal social mais craintif, le mythe continue à lui coller une image d’animal solitaire, agressif et vicieux.

Quoi qu’il en soit cette peur collective du « grand méchant loup mangeur d’Homme » a conduit progressivement en France et sur d’autres territoires à son extermination. (On ne remercie pas le chaperon rouge qui a grandement contribué à cette image négative ! Juger une espèce sur la base d’un seul individu c’est inadmissible ! Rassurez-moi elle se fait bien manger à la fin non ?). Extermination qui est autant due à la chasse menée directement contre les loups (véritable institution au Moyen Age) qu’aux déforestations et autres diminutions des grands herbivores sauvages qui les privent d’un environnement adapté. C’est ainsi qu’en France et dans la plupart des territoires voisins le loup a totalement disparu dès la seconde moitié du XX siècle pour ne réapparaître progressivement qu’à la fin du siècle.

Aujourd’hui même si les débats autour de la présence du loup en France ont (un peu) évolué, le sujet reste encore matière à controverse. (Certaines célébrités devraient prendre exemple sur le loup qui apparemment en connait un rayon pour faire parler de lui).

Entre son statut d’espèce menacée et donc protégée, le quota d’abattage et ses dérogations, son expansion dans de plus en plus de départements français (etc, etc) les points d’oppositions entre éleveurs et associations n’en finissent plus. Et l’Etat dans tout ça ? Il a la lourde tâche de trouver un statu quo en rédigeant tous les cinq ans un plan d’action national pour sauvegarder l’espèce – Canis lupus – tout en trouvant des solutions pour une meilleure cohabitation avec l’Homme.

 

Le plan Loup 2018-2023

Le 12 décembre 2017 très officiellement, après plus d’un an de négociations entre pouvoirs publics, associations et éleveurs et suite à la publication en mars 2017 d’une expertise scientifique collective demandée par le précédent gouvernement à l’ONCFS et au MNHN : le nouveau plan loups est arrêté. Il prendra acte au début de l’année 2018.

Ce nouveau plan prévoit que les éleveurs auront le droit de procéder à des tirs de défense en cas d’attaque de leur troupeau. Les abattages sans attaque préalable (ou “tirs de prélèvement” dans le jargon) ne seront autorisés qu’après les estives, de septembre à décembre.

Il fixe pour 2018 un plafond à 40 loups abattus maximum, comme en 2017 et à l’avenir, il souhaite une approche scientifique, c’est-à-dire adapter le nombre d’abattages à l’évolution de la population, sachant que les scientifiques estiment qu’il faut au moins 500 loups pour garantir une population viable. Il ne sera pas possible d’abattre plus de 10% des loups, 12% maximum sous certaines conditions (encore et toujours des conditions qui permettent de dépasser les limites hein …).

Le plan loup qui doit entrer en vigueur au début de l’année 2018 pourrait donc conduire à une destruction de 10% des effectifs chaque année. Un projet dénoncé à la fois par les syndicats agricoles mais aussi par les naturalistes bien que pour des raisons opposées.

En effet face à ce plan aucun des partis ne semblent satisfaits. Les syndicats d’un côté reprochent à ce dispositif de ne pas répondre « à la détresse avérée des éleveurs ». De leur côté, les associations de défense du loup dénoncent aussi le projet, mais en raison du choix de l’abattage comme mode de régulation.

Mon avis ? Plutôt tranché dans le cas présent. Selon moi autoriser l’abattage d’environ 10% de la totalité des loups en France ce n’est toujours pas une solution. « 10 % ça va, ce n’est pas énorme » me direz-vous ?! Oui mais non (quels arguments !). Oui de prime abord ça peut sembler plutôt « raisonnable » mais pour une espèce (on l’a vu plus haut souvenez-vous) dont le fonctionnement primordial est celui d’une meute, cela représente un déséquilibre énorme. Tuer un seul membre d’une meute et c’est tout le groupe qui sera atteint et déstabilisé. D’autant que les études scientifiques tendent à prouver que ces déséquilibres conduisent à des comportements anormaux chez les loups et augmentent les comportements de prédation. Sans parler des déséquilibres dans les comportements reproductifs.

La question de la gestion des loups ne semble donc cette fois-ci toujours pas avoir trouvé d’issue. Quel dommage ! On aurait pourtant pu espérer tirer un réel avantage de la mise en place de ce nouveau plan sous l’ère du ministre de l’écologie Nicolat Hulot.

Loin de moi l’idée de remettre en question le travail de l’Etat, mais en matière de recherche du statu quo et de résolution de conflits on a déjà vu mieux. Il est toutefois à noter que l’Etat réussi le merveilleux score de ne satisfaire aucun des partis en présence, pas même le loup lui-même. Au moins ne pourrons-nous pas crier au favoritisme. A moins que ? …

Selon moi, la solution à ce débat sans fin doit simplement parvenir à satisfaire les deux partis et cela doit très certainement pouvoir se faire sans le moindre abattage de loups. Et cela passe sans aucun doute par l’apprentissage et l’étude du comportement du loup, le comportement réel et non celui empreint d’imaginaire et de peurs moyenâgeuses.

A l’État de jouer et de trouver autre chose que ce Plan Loups 2017-2023, qui de toute évidence, se révèle être un échec avant même sa mise en place.

Et toi qu’en penses-tu ? As-tu peur du grand méchant loup ?

Morgane

 

Source :

Les grandes lignes du plan loups 2018-2023 : https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/biodiversite/les-grandes-lignes-du-plan-loup-2018-2023-ont-ete-arretees_119115

Le plan loups 2013-2017 : https://www.ferus.fr/wp-content/uploads/2013/03/Projet-Plan-Loup-2013-2017.pdf

La convention de Berne : http://www.loup.org/droit/convention.htm

Site FERUS : https://www.ferus.fr/

Site ASPAS : https://www.aspas-nature.org/

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