Glyphosate : un pas en avant, deux en arrière ?

 

En novembre dernier, Simon relayait dans un article l’autorisation donnée par l’Union Européenne d’utiliser encore pendant cinq ans, au minimum, le glyphosate. La France n’était pas pour cette solution, voulant en sortir d’ici à trois ans. Qu’en est-il trois mois après cette décision ?

Dans un entretien au Journal du Dimanche, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, faisait part d’une possibilité de prolonger de cinq ans l’utilisation du glyphosate : « si dans un secteur particulier ou une zone géographique, certains agriculteurs ne sont pas prêts en trois ans, on envisagera des exceptions« . En effet, l’UE ayant autorisée l’utilisation du glyphosate pour ces cinq prochaines années, la France peut donc prolonger son utilisation, au niveau de la loi il n’y a aucun problème. Mais c’est plutôt face aux volontés exprimées par Emmanuel Macron d’en sortir d’ici trois ans que ça coince… Cependant, Nicolas Hulot fait part d’un élan d’optimisme au Journal du Dimanche en affirmant : « on est en train de recenser les alternatives qui existent et de leur donner les moyens de faire leurs preuves« .

Selon l’AFP, la FNSEA, Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, premier syndicat agricole français, va présenter un plan comportant 200 solutions pour diminuer les produits phytosanitaires. Selon la présidente Christiane Lambert, ce sont donc « 200 actions réparties en 8 grands thèmes : l’innovation variétale, la robotique, les outils numériques, la recherche de nouvelles molécules, l’amélioration des pratiques agronomiques, le biocontrôle, les démarches filières et territoires et les conseils et formations » qui vont être proposés pour répondre au plan écophyto et donc palier à l’utilisation du glyphosate !

Dernier rebondissement, en cette fin de journée, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne s’est exprimé sur Franceinfo : « si dès le départ on dit qu’on va interdire le glyphosate mais donner des exceptions, on sait très bien qu’on ne va pas travailler sur les alternatives ». Laurent Pinatel revient alors sur les paroles de Nicolas Hulot, explicitées ci-dessus. Le porte-parole est alarmiste : « le scandale des mortalités sur les pesticides sera pire que celui du sang contaminé, tout le monde le sait. Il y a urgence à interdire le glyphosate et les autres ». Le sujet n’est donc pas totalement clos. Toutes les parties n’ont pas encore trouvé d’accord et ce nouveau rebondissement qui n’est autre qu’envisager de dépasser les trois ans souhaités par Macron pour mettre fin au glyphosate n’aide pas à améliorer et assouplir les dialogues.

Le président de la République s’est fait interpeller au salon de l’agriculture, au sujet du glyphosate, par un agriculteur samedi dernier et s’est défendu en expliquant que pour « le glyphosate, il n’y a aucun rapport qui dit que c’est innocent. Il y en a qui disent que c’est très dangereux et d’autres moyennement dangereux ».

Face à ces péripéties, s’annoncent de beaux jours pour l’agriculture biologique puisque « l’objectif reste de consacrer au bio 15% de la surface agricole utile en 2022. On va doubler la surface bio en quatre ans » explique le ministre de la Transition écologique et solidaire.

Le débat n’est pas prêt de disparaître, rendez-vous au prochain épisode !

Laura

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