#Pourquoi arrêter d’acheter des vêtements neufs

Pourquoi faut-il arrêter d’acheter des vêtements neufs

On a tous un côté fashion victime. Arrête, je sais que toi aussi tu as craqué sur quelques fringues cette année… Tu t’es peut-être dit comme moi « bon j’en ai un presque pareil mais celui-là il a vraiment la coupe que je voulais », ou alors tu t’es peut-être dit « moi qui ne m’achète que rarement des vêtements, c’est les soldes, c’est le moment. »

Je dois t’annoncer quelque chose : cet achat, aussi -peu- compulsif qu’il soit, nous transforme en énorme POLLUEURS, ETHIQUEMENT DISCUTABLES.

Problème numéro 1 de la mode : la consommation d’eau et l’appauvrissement des sols

D’abord, le petit t-shirt H&M ou Zara que tu vois « en soldes » à 3 euros, il est fait, comme la plupart de nos habits : de coton. Comme la plupart de nos habits, d’ailleurs, le coton est un coton OGM, dont la monoculture, en plus d’être très gourmande en eau, est assez brutale pour les sols. Elle épuise la plupart de leurs nutriments et les appauvrit durablement … adieu la vie sous terre, bonjour les traitements phyto-sanitaires !

Quant à la consommation d’eau c’est effarant, si l’on s’en tient aux chiffes, ton nouveau T-shirt, on sait qu’il a fallu au moins 2700 litres d’eau pour le produire ! Quant à ton jean Levis, il a fallu entre 7 000 et 11 000 litres (source Greenpeace). Cette culture du coton a tellement soif qu’elle a même contribué à assécher des cours d’eau et un bout de mer au Kazakhstan qui s’appelle la mer d’Aral (oui si tu es né après les années 2000 tu as sûrement vu ces photos en géographie).

Passons les conséquences géopolitiques de ce désastre, -qui ne concerne pas seulement la région de la mer d’Aral mais sévit dans la plupart des pays producteurs de coton-, sinon il y aurait de quoi écrire trois bouquins (this is serious).

Il convient de rappeler que l’eau est une ressource rare dans certains pays du monde, et que son traitement est extrêmement coûteux, l’industrie qui produit les vêtements ne fait qu’aggraver ce problème, les répercussions sociales sont nombreuses, des populations sont privées d’eau et le peu d’eau qu’il reste dans les nappes phréatiques est très souvent polluée.

Venons en donc au deuxième problème de nos vêtements, en plus d’utiliser des ressources, ils les polluent !

Problème n°2 : les produits chimiques, nos meilleurs ennemis !

Tu l’auras peut-être remarqué mais quand ton vêtement sent le neuf, il est accompagné d’une odeur un poil chimique, (presque attachante n’est-ce pas ?). Ta peau d’ailleurs, n’a peut être pas trop supporté d’être au contact de tous ces produits mis dans ton jean. Car avant de pénétrer dans ton organisme ces micro éléments chimiques /slash perturbateurs endocriniens ont soit dit en passant pénétré dans les sols, les cours d’eau, les nappes phréatiques, les organismes aquatiques … C’est l’un des autres problèmes majeurs de l’industrie textile, elle rejette de nombreux polluants dans l’environnement, et ne cherche pas vraiment à résoudre ce problème.

« Ouais mais moi mon pantalon il est pas en coton il est en polyamide … »

Et bien figures toi que c’est encore pire ! Le polyamide, comme le polyester ou l’acrylique, est issu de la pétrochimie -rien que ça- ! en gros, c’est du plastique. D’ailleurs, du coup quand tu le laves à la machine, ces vêtements en plastiques se dégradent très très très légèrement et relâchent des petites boules dans le tambour. Ces petites boules de plastiques qui vont traverser les tuyaux, les bassins des stations d’épurations et vont aller se jeter dans l’océan sous la forme maintenant tristement connue de micro-plastiques (oui il existe un article sur le blog au sujet du plastique).

Alors la viscose, la soie, et la laine sont-elles des solutions plus viables écologiquement ? Elles le sont peut-être plus, mais nécessitent aussi un bon nombre de traitements chimiques et des ressources naturelles importantes pour acquérir leur douceur.

Moralité, la seule solution semblerait de s’acheter, si neufs, des vêtements fabriqués à base de coton biologique ou de matières avant-gardistes (fibres végétales diverses, non traitées, soit des solutions alternatives si simples qu’on ne les développe pas encore…)

Problème numéro 3 : l’exploitation de l’Homme par l’Homme (ou, le système capitaliste)

C’est un problème que j’aurais bien aimé placer en numéro 1, mais qui finalement est le plus connu de tous. On le sait à présent mais on continue d’acheter : l’industrie textile est aussi le synonyme d’EXPLOITATION HUMAINE. Il ne faut surtout pas omettre ce facteur, votre vêtement aura beau être respectueux de l’environnement, il faut qu’il respecte aussi les êtres humains qui ont contribué à sa confection d’un bout à l’autre de la chaîne. Pas facile de trouver des standards dans ce genre, qui ne font pas des marges de prix indécentes sur le dos de petites mains asiatiques. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les grandes marques sont tout aussi, voire plus responsables de la misère du monde. Mais de bons exemples existent. En attendant un article plus détaillé sur le sujet je vous invite à vous rendre sur ce site internet de Sloweare qui a mis en place un super outil de recherche pour faire des achats plus éthiques. Inutile de préciser que cette option nécessite un certain budget (adieu le côté compulsif, on parle plutôt d’achat réfléchi avec ces gammes de vêtements).

Ce qui m’amène à la conclusion du départ ! ARRETONS d’acheter neuf, cela résout ces 3 problèmes, ça coute pas cher, c’est à portée de main, et en plus il y a quand même moyen d’avoir la classe avec des habits de tous les styles.

Pour la petite histoire l’année dernière, je me suis lancée dans le défi rien de neuf, lancé par Zero Waste France, j’ai beaucoup réfléchi sur mon comportement d’achat de vêtements et j’en suis arrivée à la conclusion que c’était possible ! Certes j’ai craqué 2 fois (je peux les compter !!) sur des vêtements neufs, de qualité, que je compte bien garder 10 ou 20 ans, mais je ne vois désormais plus du tout l’intérêt des soldes.

J’espère vous raconter mon expérience dans un autre article. En attendant n’oubliez pas, personne n’est parfait…  je ne veux pas faire la morale ou vous faire culpabiliser mais il est temps qu’on se rende compte que l’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde. Et il est surtout temps qu’on s’habille autrement.

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